La Marère culmine à 2 221 mètres dans le Béarn, entre la vallée d’Aspe et la vallée d’Ossau, et c’est l’un des sommets pyrénéens les plus sauvages, les plus engagés et les plus gratifiants pour les randonneurs expérimentés. Nous l’avons découvert par une belle journée de septembre, et cette montagne nous a immédiatement frappés par son caractère : peu fréquentée, techniquement exigeante, et d’une beauté à couper le souffle.
Avant de vous lancer, voici ce que vous devez retenir en priorité :
- La Marère est une randonnée engagée, pas une sortie familiale classique
- Le terrain herbeux et calcaire peut devenir très glissant par temps humide
- Le sommet final impose des passages d’escalade facile, cotés PD à PD+
- Le dénivelé varie entre 900 et 1 750 mètres selon le point de départ choisi
- La durée totale oscille entre 5 h et 9 h 15 selon l’itinéraire retenu
Nous allons vous emmener pas à pas dans la préparation et la découverte de ce sommet d’exception.
La Marère : un sommet des Pyrénées entre Béarn, Aspe et Ossau
La Marère, parfois appelée Pic de l’Embarrère, s’inscrit dans un secteur pyrénéen particulièrement riche en reliefs. Elle s’élève à la frontière naturelle entre la vallée d’Aspe et la vallée d’Ossau, deux vallées béarnaises emblématiques du Parc national des Pyrénées. Son altitude de 2 221 m reste modeste comparée aux géants voisins comme le Balaïtous ou le Pic d’Anie, mais elle ne doit surtout pas être sous-estimée. Le massif est calcaire, les pentes sont raides, et le caractère sauvage du lieu lui confère une atmosphère à part entière.
Pourquoi La Marère attire les randonneurs expérimentés
Ce sommet attire des marcheurs aguerris pour plusieurs raisons concrètes. Le panorama depuis le sommet offre une vue à 360° sur des sommets mythiques : Palas, Balaïtous, Pic d’Anie, Grand Billare, Pic du Midi de Bigorre. La fréquentation reste très faible, ce qui garantit une solitude précieuse en pleine nature pyrénéenne. La progression y est variée : forêt de hêtres, pâturages, crêtes rocheuses, passages exposés. Enfin, la possibilité d’enchaîner plusieurs sommets sur une même journée (Pic du Montagnon d’Iseye à 2 173 m, Pic Mardas à 2 188 m, Table de Ponce à 2 154 m) attire les amateurs de grandes traversées.
Fiche pratique de La Marère : altitude, dénivelé, durée et distance
| Point de départ | Distance | Dénivelé + | Durée estimée | Difficulté |
|---|---|---|---|---|
| Gorges du Bidet | 17 km | +1 300 m | 7 h 15 | Confirmé |
| Arrioutort (Laruns) | 18 km | +1 300 m / -2 350 m | 9 h 15 | Confirmé |
| Aydius (vallée d’Aspe) | 16,5 km | +1 750 m | 8 h 00 | Expert |
| Accous | 15 km | +1 600 m | 8 h 00 | Expert |
La cotation générale du sommet final est PD par la voie normale, avec une variante à PD+ incluant un passage de niveau III sur dalle.
Les meilleurs points de départ pour monter à La Marère
Vous avez le choix entre quatre départs principaux. Chacun offre une ambiance différente et s’adresse à un niveau physique distinct. Le départ depuis les gorges du Bidet reste le plus équilibré en termes de distance et dénivelé. Celui depuis Arrioutort convient à ceux qui souhaitent bivouaquer la veille à la cabane d’Arrioutort (+1 050 m, 5 km, environ 2 h 30 de montée). Les départs depuis Aydius ou Accous s’adressent aux randonneurs capables d’encaisser plus de 1 600 m de dénivelé positif dans la journée.
Itinéraire vers La Marère depuis la vallée d’Aspe
Depuis Aydius, l’itinéraire emprunte un chemin boisé avant de rejoindre les alpages. On passe par le col de la Taillandère après avoir longé le lac du Montagnon d’Iseye, célèbre pour sa forme de cœur vue depuis les hauteurs. Ce lac constitue déjà à lui seul une récompense visuelle remarquable. La progression se fait ensuite sur une crête orientée nord-sud avant d’atteindre les abords du sommet. Ce tracé est souvent décrit comme le plus sportif, avec un dénivelé de +1 750 m et une durée de 8 heures.
Itinéraire vers La Marère depuis la vallée d’Ossau
Depuis Laruns ou le pont Lamareich, l’approche par la vallée d’Ossau offre une progression plus progressive. On traverse d’abord une belle forêt de hêtres, puis des pâturages ouverts avant de rejoindre les pentes rocheuses. La cabane d’Arrioutort constitue une étape naturelle pour ceux qui souhaitent couper la sortie en deux jours. Ce départ permet également de relier plusieurs sommets en traversée, notamment le Pic Mardas et la Table de Ponce. Le dénivelé total de +1 300 m reste plus accessible que l’option aspoise.
Le sommet de La Marère : une fin d’ascension technique et exposée
Le passage final vers le sommet concentre toute la difficulté de cette randonnée. Deux voies sont possibles :
- Voie normale (gauche) : cotée PD, exposée, mais praticable en utilisant les marches naturelles du terrain. C’est la voie à emprunter impérativement pour la descente.
- Voie de droite : cotée PD+, avec un passage de niveau III sur dalle. Elle est réservée aux personnes à l’aise avec les petits pas d’escalade.
La règle absolue : redescendre uniquement par la voie normale. La pente herbeuse peut paraître plus directe à la descente, mais elle devient extrêmement glissante dès que l’humidité s’installe. Il faut poser chaque appui avec précision et ne jamais se précipiter.
Les erreurs courantes à éviter sur La Marère
Plusieurs comportements reviennent régulièrement chez les randonneurs qui sous-estiment ce sommet :
- Partir trop tard : un départ après 8 h expose aux orages de l’après-midi
- Négliger l’humidité : même la rosée matinale suffit à rendre l’herbe dangereuse
- Choisir la descente directe : la pente courte en herbe est trompeuse et risquée
- Sous-estimer la fatigue : avec 7 à 9 h d’effort, les erreurs d’inattention augmentent en fin de journée
- Ignorer la cotation PD : ce n’est pas une randonnée classique dès le dernier tiers de l’ascension
Quand renoncer à l’ascension de La Marère
Renoncer est parfois la meilleure décision que l’on puisse prendre. Nous n’hésitons jamais à le faire, et vous ne devriez pas non plus. Voici les situations qui imposent de ne pas aller au sommet :
- Herbe ou roche humide (pluie, rosée, brouillard)
- Vent fort ou rafales sur les crêtes
- Neige résiduelle sur les pentes supérieures
- Groupe hétérogène avec des niveaux très inégaux
- Fatigue importante avant même d’attaquer le final
- Doute persistant sur l’orientation ou le terrain
Dans ces cas, l’alternative sans sommet (décrite plus bas) reste une option excellente.
Que voir autour de La Marère : sommets, lac et panorama
Le secteur regorge de points remarquables accessibles lors de la même sortie :
- Lac du Montagnon d’Iseye : forme de cœur iconique, parfait pour une pause photo
- Pic du Montagnon d’Iseye (2 173 m) et Pic Mardas (2 188 m) : accessibles en traversée
- Table de Ponce (2 154 m) : beau belvédère intermédiaire
- Panorama au sommet : Palas, Balaïtous, Pic d’Anie, Grand Billare, Pic du Midi de Bigorre par temps clair
Faune et flore rencontrées sur le secteur de La Marère
La richesse naturelle de ce secteur est réelle et elle mérite attention. Vous pouvez croiser des isards sur les crêtes rocheuses, observer des vautours fauves en vol thermique, entendre des marmottes dans les éboulis. Côté flore, l’edelweiss pousse sur certaines zones calcaires, aux côtés de nombreuses fleurs alpines en pleine floraison de juin à août. Ce milieu est fragile : respectez les traces, ne cueillez pas les fleurs protégées, et ne dérangez pas les animaux.
Quel équipement prévoir pour réussir La Marère en sécurité
| Catégorie | Matériel recommandé |
|---|---|
| Chaussures | Chaussures de montagne à semelles crantées, tige haute |
| Vêtements | Coupe-vent, couches thermiques, gants légers |
| Navigation | Carte IGN 1547 OT, GPS ou application avec trace téléchargée hors ligne |
| Hydratation | Minimum 2 litres d’eau par personne |
| Alimentation | Repas complet + barres énergétiques + fruits secs |
| Sécurité | Trousse de secours, couverture de survie, téléphone chargé, numéro 112 |
| Confort | Bâtons de randonnée, crème solaire indice 50+, lunettes de soleil, frontale |
| Hiver / neige | Crampons 10 pointes, piolet selon enneigement |
Alternative méconnue : profiter de La Marère sans monter au sommet
Vous n’êtes pas à l’aise avec les passages exposés ? Pas de problème. Il est tout à fait possible de profiter pleinement de ce secteur sans atteindre le sommet final. Cette option fait gagner environ 1 heure sur la journée et supprime le passage le plus technique. Le parcours reste magnifique : lac de Montagnon d’Iseye, crêtes intermédiaires, panorama large sur les vallées béarnaises. C’est un choix raisonnable, pas un aveu de faiblesse. Et franchement, revenir sain et sauf avec de beaux souvenirs vaut toujours mieux qu’un sommet forcé par temps mauvais.
Conseils pratiques pour préparer une randonnée à La Marère
Voici nos recommandations concrètes avant le départ :
- Consultez Météo-France (météo-france.fr) et le bulletin montagne de la veille
- Partez avant 7 h pour bénéficier de la stabilité matinale et éviter les orages
- Prévenez un proche de votre itinéraire exact et de votre heure estimée de retour
- Téléchargez la trace GPX depuis Visorando, Outdooractive ou IGNrando avant de partir
- Vérifiez l’accès routier : certaines pistes menant aux départs ne sont pas goudronnées
- Envisagez une nuit à la cabane d’Arrioutort pour les sorties depuis Laruns
- Ne sous-estimez jamais la fatigue de la descente : elle représente souvent 40 % des accidents
À retenir
- La Marère (2 221 m) est un sommet pyrénéen technique, réservé aux randonneurs expérimentés
- La fin d’ascension est cotée PD à PD+ avec des passages nécessitant les mains
- Le terrain humide ou mouillé rend l’herbe et la roche extrêmement glissantes : renoncer est une décision sage
- Le départ tôt (avant 7 h) est une règle de prudence élémentaire en montagne
- L’alternative sans sommet reste une belle expérience, accessible à un plus grand nombre